Chronique : Si la lune éclaire nos pas de Nadia Hashimi


Editions : Milady
Format : Ebook
Prix : 9,99€ (Partenariat)
Parution française : 21 octobre 2016

"Je voulais que mes enfants aient une vie d’enfants. Je voulais qu’ils rient, qu’ils jouent… qu’ils apprennent. Je voulais qu’ils fassent les choses que j’aurais dû faire quand j’étais petite. Jusqu’où devons-nous fuir ?"
Fereiba sait aller de l’avant, depuis toujours. Elle a appris cela dès sa plus tendre enfance. Elle n’a pas choisi son mari, mais découvre finalement en lui son hamsar, son alter ego. De leur mariage naissent Salim, Samira et Aziz. Hélas, son époux n’assistera pas à la naissance du dernier : les talibans se chargent de faire disparaître cet ingénieur considéré comme un ennemi du régime. Alors que l’étau se resserre autour de sa famille, Fereiba décide de rejoindre sa sœur à Londres.
Sans autre ressources que son courage et sa détermination sans faille, elle espère pouvoir compter sur le soutien de ceux qu’elle croisera sur les chemins de l’exil. Mais la route est longue et semée d’embûches avant d’attendre cette Europe qui leur promet des lendemains meilleurs…

Je remercie chaleureusement Netgalley et les éditions Belfond pour ce roman.

L’histoire débute à Kaboul, aux côtés de Fereiba, une jeune afghane, dont l’enfance est bien difficile. Elle n’a jamais connu sa mère, morte en couche le jour de sa naissance, et a donc été élevée par une belle-mère au tempérament particulier. Malgré le manque d’amour maternel, elle grandit sans jamais de plaindre de sa condition. Pleine d’illusions à l’enfance, elle cumule les désillusions à l’adolescence. Dans un pays où les femmes ne peuvent prendre leur vie en main sans dépendre d’un homme, Fereiba se bat pour avoir ce qu’elle souhaite et obtenir une vie meilleure. Pas malheureuse pour autant, c’est lorsqu’elle se marie qu’elle goûte vraiment au bonheur, elle devient institutrice, connaît les joies de la maternité et le sentiment d’être aimé. 

Quelques années plus tard, Kaboul tombe aux mains des talibans et la vie perd ses couleurs. L’existence devient alors impossible, les femmes n’ont plus aucun droit et les règles se durcissent. Il est difficile pour Fereiba de continuer à aimer une terre qui pourtant la vue naître et grandir, quand règne le danger, la peur, la violence et l’oppression. La mort est partout, elle peut arriver à n’importe quel moment, sans prévenir. Un soir, son mari est emmené par les talibans et ne revient jamais chez eux. Elle apprend plus tard qu’il a été exécuté. A ce moment, elle sait que si elle veut survivre avec ses enfants, ils sont condamnés à partir loin de Kaboul. C’est ainsi que commence son long et périlleux périple pour rejoindre une terre promise, l’Angleterre, où elle retrouvera sa jeune sœur. 

Le cœur de Fereiba est grand, mais il sera mis à rude épreuve au cours de ce périple. C’est pourtant, un sacrifice qu’elle est prête à faire pour ses enfants. Un geste plus que noble qui force l’admiration. 
Malgré la peur et l’incertitude qui s’empare d’elle à chaque étape de son voyage, elle nous parle avec sincérité et courage. L’histoire de Fereiba est à l’image de tant d’autres, qui comme elle, doivent fuir leur pays, quitter leur famille, leur situation pour survivre. Un sujet brûlant qui fait écho à l’actualité. 

La narration est à la première personne. Selon les chapitres, le point de vue change car c’est soit Fereiba, soit son fils ainé, Salim, qui raconte l’histoire. 

L’ambiance est pleine d’émotions. La peur, l’angoisse, l’incertitude et la tension sont autant d’éléments qui font de ce livre, un récit touchant et bouleversant. 

J’ai découvert la plume de Nadia Hashimi avec ce roman et j’en suis ravie. Sa plume est fluide, délicate, captivante, en un mot sublime. Elle réussit à dépeindre avec tant de réalisme et d’émotions le quotidien et le voyage dangereux d’une famille profondément touchante et attachante. On ne fait pas que lire ce roman, on le vit à chaque page. Elle nous décrit cette famille avec tant de poésie, de tendresse et de simplicité. C’est un voyage pour le cœur, pour l’esprit et pour nous ouvrir les yeux. 

Le rythme n’est pas particulièrement rapide, bien que le livre se lise assez rapidement. La plume de l’auteur et cette tension perpétuelle qui règne dans le récit n’y sont certainement pas pour rien. 

Concernant les personnages, ils sont sans contexte très attachants, complexes, empreints d’émotions, de lumière et de sincérité. 
Fereiba est d’une force et d’un courage époustouflant, elle a une rage de vaincre et un sens du sacrifice hors du commun. 
Salim, son fils ainé, est également au centre de ce roman. Il a lui aussi une grande force de caractère. Il permet de donner un point de vue différent à l’histoire et de compléter le récit. 
Ils sont au cœur d’une odyssée sans pitié et pourtant ils ne lâchent rien du début à la fin. Ils ont vécu des épreuves qui auraient fait baisser les bras de plus d’un, mais gardent espoir et foi en l’humanité jusqu’à la fin. 

Pour finir, j’ai pris le temps de savourer ma lecture, de penser à cette histoire, à ces personnages, à leur vie, à chaque fois que je quittais le livre. Profondément touchée, comment ne pas l’être d’ailleurs, c’est avec un regard nouveau que je sors de cette lecture. Toutefois, à la fin, je suis restée un peu sur ma faim, mais il reste un roman incroyable que je recommande sans hésiter. 
Un roman magnifique, touchant, bouleversant, une pépite, un gros coup de cœur.

Ma note 
10/10





Commentaires

  1. super chronique, ça fait envie :) j'avais vu une chronique sur un autre de ses romans, si ça t'intéresse : https://carnetparisien.wordpress.com/2016/09/21/la-perle-et-la-coquille-nadia-hashimi/ :)

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  2. Merci pour le lien. La perle et la coquille c'est un livre que je compte bien lire après avoir découvert la plume de Nadia Hashimi avec celui-ci.

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  3. Il a l'air très beau, merci pour la découverte ! :)

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